Les inondations

Un risque naturel résulte du croisement entre un aléa d’origine naturelle et la présence d’enjeux, soit des êtres-vivants ou des biens vulnérables. Ce risque naturel peut cependant être amplifié par différents facteurs, souvent d’origine humaine. Deux risques naturels sont en relation directe avec l’eau : l'inondation et la sécheresse.

Les inondations

Le risque inondation

L'inondation se caractérise par la submersion, rapide ou lente, d'une zone habituellement hors d'eau. Elle résulte le plus souvent du débordement d'un cours d'eau mais peut aussi provenir de la remontée d’une nappe, de ruissellements (agricole ou urbain) ou encore du débordement ou de la rupture d'un ouvrage artificiel.

Trois types d’inondations issus d’un aléa d’origine climatique

Crédit photo : Ivan Lisiecki - Ile de Melun lors de la crue de la Seine de 2018

En hiver, longue période de précipitations, les sols se saturent en eau et les eaux ruissèlent pour rejoindre le cours d’eau finissant par déborder dans son lit majeur. Les crues font parties intégrante du fonctionnement des cours d’eau.

Un temps de réponse existe entre l’épisode pluvieux et le débordement du cours d’eau. Il est fonction de la durée de transfert de l’eau au sein du bassin versant, principalement par ruissellement en surface et dans les sols. On parle sur les grands cours d’eau franciliens dits « de plaine » de crue lente (Seine, Marne), ces crues étant plus rapides sur leurs affluents, ayant de plus petits bassins versants (Grand Morin, Loing, etc.).

Lorsqu’une ou plusieurs années humides se succèdent, les nappes recevant beaucoup de précipitations se rechargent plus qu’elles ne se vidangent. Si le niveau d’eau atteint et dépasse le niveau de la surface du sol, on parle d’inondation par remontée de nappe. Les inondations par remontées de nappe, notamment accompagnent généralement le débordement des cours d’eau et sont plus longues dans le temps.

On parle de ruissellement dès lors que l’eau circule à la surface (ou sous-surface) du sol. Lorsque la pluie est trop intense pour s’infiltrer, ou les sols saturés en eau, ce phénomène augmente et l’accumulation des eaux en surface engendre une inondation par ruissellements. Cet évènement brusque et rapide peut avoir lieu en simultanée des deux autres types d’inondation.

La notion de vulnérabilité humaine

Crédit photo : Crue de fin mai 2016 à Soignolles-en-Brie

L'aléa climatique engendre un risque naturel dans la mesure où un enjeu pour l’homme existe et est susceptible d’être touché par l’aléa. Par exemple, des constructions situées en zone inondable représentent un enjeu vulnérable.

La vulnérabilité exprime et mesure alors le niveau de conséquences directes et indirectes de l'aléa sur les enjeux.

Des facteurs aggravants multiples

Les trois types d’inondations peuvent se produire séparément ou de façon concomitante, selon la nature des évènements pluvieux. L’intensité et la vitesse des ruissellements en surface peuvent varier en fonction de caractéristiques naturelles telles que la pente ou le couvert végétal. L’homme contribue souvent à l’augmentation et l’accélération du ruissellement par l'imperméabilisation des sols (urbanisation) et leur mise à nu saisonnière (agriculture). Les eaux ruisselantes peuvent de ce fait charrier un volume conséquent de terres et flottants.

Les aménagements de cours d’eau (recalibrage, canalisation) peuvent contribuer à augmenter la vitesse des flux d’eau et leur force destructrice vers l’aval tout comme la rupture d’ouvrage (digue, seuil).

A une échelle plus globale, le changement climatique associé aux émissions de gaz à effet de serre est susceptible d’accélérer la fonte des glaciers, et ainsi provoquer une variation du niveau des océans et des cours d'eau. Il est également en mesure d’influer sur la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes (cyclones, tempêtes, etc.).

 

Les conséquences des inondations

Crédit photo : Routes coupées - inondation 2018

En France comme dans de nombreux pays, les inondations sont considérées comme un risque majeur. Ainsi en 2016, environ 1 300 communes ont fait l’objet d’un arrêté de classement en catastrophe naturelle pour 190 000 sinistres.

Crédit photo : Intervention sur le réseau d’électricité

Les inondations peuvent avoir de lourdes conséquences sur nos aménagements et équipements. Selon leur ampleur, elles peuvent notamment détériorer ou détruire le bâti, les réseaux de communication, transport ou d’énergie, ou encore les cultures. Il en résulte fréquemment une paralysie de l’activité économique et des dégâts matériels lourds. Dans les cas extrêmes, les inondations peuvent être cause de mortalité parmi les populations exposées.

Comment prévenir les inondations ?

Crédit photo : La réserve de la Bassée : une zone tampon naturelle

La prévention a pour objectif de protéger les personnes, de réduire leur vulnérabilité et de renforcer la prise de conscience sur les risques d'inondations.

Quelques mesures permettent de limiter l'ampleur des inondations (bassins écrêteurs, lutte contre l'imperméabilisation, restauration des zones humides tampons [lien glossaire ?]). Mais il faut avant tout renforcer la prise de conscience du risque, rendre moins vulnérables les équipements existants bâtis en zone inondable et surtout éviter toute implantation nouvelle (habitations, usines...) dans les secteurs reconnus inondables.