Décembre

Choisir son sapin et protéger le jardin du froid.

Décembre

Au jardin d'ornement

Choisir son sapin de noël

Si vous fêtez noël et que vous prévoyez l’achat d’un sapin, voici quelques éléments pour le choisir.

Les sapins de noël ne sont pas arrachés aux forêts mais cultivés à des fins commerciales. L'achat d'un sapin naturel, biodégradable, est plus écologique que l'achat d'un sapin en plastique dont le processus de fabrication est coûteux en énergie et en ressources non renouvelables. Il existe plusieurs sortes de "sapins" de noël ; les plus courants sont :

  • L'épicéa commun (Picea abies), aux aiguilles fines, apprécié pour son odeur, mais qui perd ses aiguilles assez rapidement à la chaleur,
  • Le sapin de Nordmann (Abies nordmanniana), avec des aiguilles plates, qui perd moins ses aiguilles,
  • On trouve aussi d'autres épiceas, comme l'épicéa de Serbie (Picea omorika) au port élancé, ou l'épicéa pungens (Picea pungens) aux aiguilles gris-vert...

Évitez les sapins floqués, la neige artificielle... qui ne permettront pas le recyclage du sapin.

Que faire du sapin après noël ?

Le sapin peut être utilisé comme bois de chauffage, ou collecté avec les déchets verts. Certaines collectivités organisent des collectes spécifiques (sapins sans sac, sans décoration, non floqués et sans neige artificielle). Les sapins sont alors généralement broyés. Parfois la collectivité fournit du broyat en contrepartie aux particuliers amenant leur sapin (à utiliser comme paillage sur les massifs, ou à mettre au compost).

Les branches peuvent aussi servir à protéger vos plantations du froid. Coupées en petits bouts, elles font un bon paillage pour vos massifs et pieds d’arbres.

Si vous souhaitez replanter votre sapin, choisissez un sapin en pot (il se desséchera moins qu'en motte). L'idéal serait de ne le garder que quelques jours à l'intérieur, ce qui implique de ne l'acheter que peu avant les fêtes et de le replanter quelques jours plus tard. Choisissez un emplacement ensoleillé où l'arbre aura la place de se développer. Cependant, les sapins et épiceas sont des espèces de montagne, et d’autres arbres locaux plus adaptés à la plaine pourraient être plus intéressants pour votre jardin (voir : guide de plantation des arbres et arbustes)

Garder les cendres des feux de bois

Si vous possédez une cheminée, vous pouvez garder les cendres de vos feux de bois pour enrichir la terre de votre jardin ou protéger les plantations des limaces. Attention cependant, pour éviter d'apporter des substances toxiques, utilisez des cendres de bois à l'état naturel, et évitez d'utiliser des cendres de bois peint, traité, de plastiques ou de papier de couleur. Lorsque le feu a refroidi, ramassez les cendres, passez les au tamis et stockez-les à l'abri de l'humidité.

Comment utiliser les cendres au jardin ?

Les cendres apportent du calcium, du phosphore, du magnésium et du potassium. Vous pourrez les utiliser au printemps ou à l'automne sur vos massifs ou dans votre potager en grattant le sol pour les enfouir superficiellement. N'utilisez que de petites quantités à la fois. Elles sont notamment intéressantes pour les rosiers : riches en potassium elles les rendent plus résistants face à la maladie. Elles peuvent également s'utiliser sur les arbres fruitiers... Evitez de les utiliser sur les massifs de plantes de terre de bruyère (l'apport de calcium serait nocif), sur les semis ou sur les sols déjà calcaires.

Les cendres peuvent également être disposées en cordon autour de certaines plantations pour dissuader les limaces et les escargots. En effet elles gênent leur progression en déshydratant le mucus qui leur sert à se déplacer. Pour que cette barrière reste efficace, il faut cependant la renouveler après chaque pluie.

Utiliser les feuilles mortes comme paillage

Continuez à ramasser les feuilles mortes. Une fois séchées, elles peuvent se révéler utiles en paillage, notamment pour protéger du froid vos massifs de vivaces après les avoir nettoyées. Vous pouvez également composter vos feuilles mortes (à condition d'éviter les feuilles d'arbres malades).

Finir les plantations d'arbres et d'arbustes

Finissez les plantations avant les grands froids. Vous pouvez encore planter les rosiers et les arbres et arbustes à feuilles caduques en dehors des jours de gel. Si vous avez fait des plantations récemment, paillez-les pour les protéger du gel. Limitez l'arrosage.

En cas de gel ou de neige

En cas de gel, évitez de marcher sur la pelouse.

N'utilisez pas de sel à proximité de la pelouse ou des plantations, celui-ci est toxique pour les plantes. Si vous avez un bassin, laissez des bouts de bois flotter à la surface pour limiter les contraintes liées à la formation de la glace, ou utilisez un aérateur. En cas de chutes de neige importantes, secouez doucement les branches de vos conifères ou de vos arbustes persistants afin d'éviter que le poids de celle-ci ne les brise.

Après chaque neige, observez les zones où elle fond en premier. Ce sont les endroits les moins froids du jardin où vous pourrez planter, le moment venu, les plantes un peu plus frileuses.

Se préparer pour le printemps

Aiguisez et désinfectez vos outils de taille, cela permettra de faire une coupe nette et d'éviter de propager les maladies. Vous pouvez pour cela utiliser du vinaigre d'alcool !

Commandez les graines pour les semis.

Vérifiez la bonne conservation des tubercules et bulbes entreposés pour l'hiver.

Arbres fruitiers

Planter de nouveaux fruitiers

Crédit photo : Jeune framboisier

En décembre, vous pouvez encore planter vos arbres fruitiers et les arbustes à petits fruits en dehors des périodes de gel.

Au potager

Pailler les plantes restant en place

Paillez les légumes racines restant en place, les plantes aromatiques, et les fraisiers pour les protéger du froid. Vous pouvez pour cela utiliser les feuilles mortes du jardin. Ne paillez pas les oignons, échalotes, ail, qui n'aiment par les excès d'humidité. Vous pouvez récolter les épinards, la mâche, les poireaux d'hiver.

Planifier les plantations

Vous pouvez d'ores et déjà commencer à réfléchir à l'organisation de vos plantations de printemps. Pour s'assurer d'avoir un potager sain, un principe à respecter est la rotation des cultures : ne plantez pas deux années de suite des légumes d'une même famille au même endroit. Par exemple, la pomme de terre, la tomate, l'aubergine font toutes partie de la même famille botanique : les solanacées. Elles sont sensibles aux mêmes maladies, comme le mildiou. Une solution est de diviser le potager en plusieurs parcelles et de cultiver chaque année les légumes d'une famille sur une parcelle différente, en effectuant une rotation complète tous les 3 à 5 ans.

Pensez aussi aux associations de plantes : en associant certaines plantes on peut obtenir des effets bénéfiques. Par exemple, il est intéressant de planter les œillets d'Inde à proximité des tomates : les racines sécrètent une substance qui a un effet inhibiteur sur les nématodes qui attaquent les tomates, l'odeur du feuillage repousserait également les pucerons.

Vous pouvez d'ores et déjà travailler le sol et apporter du compost sur les parcelles où cela est utile en fonction de la rotation que vous avez planifiée.

Pour plus d'informations, voir la rotation des cultures.

Au balcon et dans la maison

Protéger du froid

Si vous ne l'avez pas encore fait, protégez les plantes restant au balcon l'hiver en les rapprochant de votre habitation. Couvrez les éventuellement avec un voile d'hivernage. Limitez l'arrosage et ne laissez pas d'eau dans les soucoupes, cela pourrait endommager les racines avec le froid.

Plantes d'intérieur

La plupart des plantes sont au repos, rapprochez-les des fenêtres pour qu'elles aient suffisamment de lumière et limitez l'arrosage.

Faune et flore

Respecter l'hibernation du hérisson

Le hérisson est un ami du jardinier : c'est un grand consommateur d'escargots et de limaces. En cette période il hiberne, habituellement sous un tas de bois ou de feuilles. Attention à ne pas le déranger. Faites attention notamment à ne pas remuer votre tas de compost, dans lequel il aurait pu trouver refuge.

Nourrir les oiseaux

L'hiver est une période dure pour les oiseaux qui ne migrent pas. Ils ont besoin de nourriture pour pouvoir affronter le froid, or celle-ci se fait rare en cette saison. Vous pouvez leur proposer des graines de tournesol (non salées, non grillées, si possible issues de l’agriculture biologique), elles sont attractives et nutritives pour de nombreux oiseaux. Les graines de millet, d’avoine, de chanvre ou le maïs concassé attirent les petits oiseaux tels que les mésanges. Les graines de courges provenant de la préparation de vos repas ou les pépins de pommes  peuvent également être proposés aux oiseaux, ainsi que les cacahuètes, amandes, noix, noisettes (non grillées et non salées). Il est possible d’utiliser des graisses végétales avec parcimonie, par exemple le beurre de coco, ou le beurre de cacahuète non salé pour oiseaux. Enfin, les pommes, poires, raisins trop mûrs peuvent aussi servir d’alimentation pour les oiseaux.

Attention : ne leur donnez pas de pain sec, de biscottes, de riz cru, qui peuvent faire gonfler leur estomac voire entraîner leur mort, ni de lait, qui est toxique pour eux, ni d’aliments salés ou épicés. Evitez les graisses animales, y compris les produits laitiers. Si vous achetez des graines, privilégiez des graines issues de l’agriculture biologique pour éviter d’intoxiquer les oiseaux avec des graines traitées. Mettez vos mangeoires hors de portée des chats. Désinfectez régulièrement les mangeoires et ramassez les graines tombées au sol pour limiter les risques de transmission de maladies.

Réservez cette aide à la période hivernale, n’alimentez pas les oiseaux le reste de l’année, où la nourriture est présente naturellement. Par contre, si vous commencez à les nourrir l’hiver, faites le jusqu’aux beaux jours : les oiseaux habitués à vos apports se trouveraient perturbés et n’auraient pas nécessairement d’autre solution pour trouver à manger.

Pour plus d'informations, voir "Accueillir la nature au jardin".